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Jeu excessif : ce que le professionnel doit savoir et signaler

10 octobre 2026 · Livres guides

Un changement dans les habitudes de jeu peut passer inaperçu, surtout lorsque la personne minimise ses pertes ou les cache à ses proches. Pour les professionnels, repérer tôt les signes de dépendance aide à engager un dialogue sans jugement et à prévenir une aggravation.


Le jeu excessif peut affecter les finances, l’humeur, les relations et l’organisation quotidienne, bien avant qu’une difficulté soit clairement formulée. Une observation attentive permet d’évaluer les risques, de choisir les mots appropriés et d’envisager un accompagnement professionnel adapté.


A retenir :


  • Repérage précoce des changements de rythme, d’humeur et de dépenses
  • Évaluation des risques fondée sur des faits observables et répétés
  • Signalement prudent selon les procédures et la confidentialité professionnelle
  • Orientation rapide vers un accompagnement professionnel et des soins adaptés

Jeu excessif : reconnaître les signes de dépendance


Pour évaluer les risques, le professionnel commence par observer les changements concrets plutôt que par poser un diagnostic. Une difficulté ponctuelle ne suffit pas à caractériser une addiction au jeu, mais plusieurs indices répétés appellent une attention particulière.


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Repérer la place du jeu et les pertes cachées


Dans cette première observation, la place du jeu dans le quotidien constitue un repère essentiel. Une personne peut organiser ses journées autour des sessions, délaisser ses activités ou s’isoler progressivement de ses proches.


La minimisation et la dissimulation méritent aussi d’être abordées avec tact : elles peuvent signaler une difficulté à regarder la situation en face. Le professionnel peut demander si la fréquence, la durée ou les dépenses ont changé, sans exiger immédiatement des aveux.


Les indices comportementaux à observer :


  • Sessions plus longues ou plus fréquentes qu’auparavant
  • Préoccupations liées au jeu pendant le travail ou les repas
  • Dépenses dissimulées, emprunts ou demandes d’argent aux proches
  • Irritabilité, agitation ou mal-être lorsqu’il est impossible de jouer

Identifier la poursuite des pertes et les tensions financières


À ces changements s’ajoute parfois la volonté de récupérer l’argent perdu, qui transforme le jeu en tentative de compensation. Les mises peuvent alors augmenter et les sessions s’allonger, même lorsque la personne dépasse son budget.


Comportement observé Risque possible Réponse professionnelle
Préoccupation constante Retrait des activités habituelles Explorer les changements du quotidien
Dissimulation des dépenses Difficulté à parler des pertes Poser des questions ouvertes et neutres
Jeu pour récupérer les pertes Hausse des mises ou durée prolongée Aborder le budget et les motivations
Emprunts pour continuer à jouer Endettement et tensions avec l’entourage Évaluer l’urgence et proposer une orientation

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Un budget strict et l’absence de recours au crédit réduisent certains risques, sans suffire à résoudre une perte de contrôle installée. Ces constats conduisent naturellement à examiner le rôle du professionnel dans la prévention et le signalement.


Prévention du jeu excessif : évaluer et signaler avec discernement


Lorsque plusieurs signes se cumulent, l’observation doit déboucher sur une démarche proportionnée et respectueuse. Selon le Centre du jeu excessif, la sensibilisation des professionnels contribue au repérage précoce des comportements problématiques.


Conduire une évaluation des risques sans diagnostiquer


Dans le cadre de la prévention, le professionnel rassemble des éléments concrets : évolution des habitudes, conséquences financières et répercussions sur les relations. Il distingue ce qu’il a observé de ce que la personne lui rapporte, puis vérifie si les difficultés s’installent ou s’intensifient.


Cette démarche ne remplace pas une évaluation clinique et ne doit pas réduire la personne à un comportement. Selon l’ANJ, les opérateurs concernés doivent organiser des actions de prévention et accompagner l’identification des joueurs en difficulté dans leurs dispositifs.


Les étapes d’un échange professionnel :


  • Décrire les faits observés sans jugement ni étiquette
  • Demander quelles conséquences la personne constate elle-même
  • Vérifier l’existence de dettes ou de besoins immédiats
  • Présenter les ressources d’aide et convenir d’une suite

Organiser un signalement proportionné et confidentiel

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Après l’évaluation, un signalement peut désigner une transmission interne à un référent ou une alerte prévue par le cadre de travail. Le professionnel vérifie les procédures applicables, limite le partage aux informations nécessaires et explique, autant que possible, les démarches à la personne.


Un collègue qui remarque des absences répétées et une détresse manifeste peut, par exemple, solliciter le référent désigné plutôt que diffuser des détails à toute l’équipe. La protection des personnes vulnérables repose sur cette vigilance, mais aussi sur le respect de leur dignité et de leur confidentialité.


Les pratiques de prévention et de signalement prennent tout leur sens lorsqu’elles ouvrent ensuite une voie concrète vers l’écoute et les soins.


Accompagnement professionnel et orientation vers les soins


Une fois les risques mieux cernés, l’échange peut aider la personne à demander du soutien à son rythme. L’accompagnement professionnel évite de laisser les difficultés financières ou relationnelles s’aggraver dans le silence.


Faciliter la parole et l’orientation vers les soins


Dans cette étape, une écoute sans reproche favorise la confiance et rend possible une orientation vers les soins. Le professionnel peut proposer un premier contact avec un service spécialisé, un médecin ou un dispositif local de prévention, en vérifiant les modalités adaptées.


Selon le Centre du jeu excessif, des actions de sensibilisation s’adressent également aux écoles, aux entreprises et aux institutions. Les brochures et ressources d’information peuvent aider à préparer une consultation, mais ne remplacent pas un accompagnement individualisé.


Besoin repéré Action envisageable Point de vigilance
Personne prête à parler Écoute et proposition d’un rendez-vous spécialisé Respecter son rythme et son choix
Dettes ou emprunts Orientation vers des ressources adaptées Ne pas banaliser les conséquences financières
Détresse ou humeur instable Évaluation par un professionnel de santé Apprécier rapidement les besoins immédiats
Jeune exposé à des jeux en ligne Prévention et échange avec des adultes référents Tenir compte de sa vulnérabilité particulière


Renforcer la prévention auprès des jeunes et de l’entourage


Cette orientation concerne aussi les jeunes, dont l’exposition aux jeux en ligne peut se mêler à d’autres usages numériques. Une étude suisse menée auprès de lycéens et d’apprentis, citée par le Centre du jeu excessif, signalait en 2011 des comportements à risque dans cette population ; ces résultats anciens ne décrivent pas à eux seuls la situation actuelle.


Les proches peuvent également subir les conséquences émotionnelles et financières du jeu problématique, sans savoir comment intervenir. Le professionnel peut leur indiquer des ressources distinctes et encourager une aide spécialisée, tout en maintenant la personne concernée au centre des décisions.


Source : Centre du jeu excessif, « Prévention », Centre du jeu excessif ; Suris, Akré et al., étude suisse auprès de lycéens et d’apprentis, 2011 ; ANJ, « Guide accompagnement casino », ANJ.

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